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LA ROUTE BLEUE

Sur la route des vacances : la nationale 7, de Paris aux portes de l’Italie

Elle a ses chansons, ses musées, ses haltes obligées. Et même son jeu : les Mille Bornes.

Elle ? La nationale 7. La route la plus populaire de France, qui se déroule sur 996 km du cœur de Paris aux portes de l’Italie, à travers un éblouissant enchaînement de terroirs. Route du Midi des      « années bonheur », elle en a gardé le charme. Et les tables mondialement célèbres.

Départ :Paris
Arrivée :Menton
Distance : 996 km

Parcourir la nationale 7 est un somptueux voyage à travers les terroirs de France et sa diversité de paysages, intimistes ou spectaculaires. C’est, de Paris à Menton, prendre le chemin de la forêt de Fontainebleau, un brin de pays de Loire avant la Bourgogne, l’Auvergne, puis le Beaujolais pour gagner ensuite la Provence et la Côte d’Azur. Mais s’élancer sur la N 7 est aussi un voyage dans le temps. Un peu comme voir un film de Godard, une scène avec Gabin ou Bardot, ou danser sur Dans les rues d’Antibes aux accents déchirants du saxo alto de Sidney Bechet. En bref, la N 7, fort symbole des Trente Glorieuses, offre un voyage vers ces années 1955-1970, lorsqu’elle était « La route des vacances», celle qui menait au paradis : le Midi.

Déjà sacrée première route touristique de France en 1935 sous le nom de « route Bleue», elle eut son Comité central, ses dépliants aguicheurs et fut lancée à grand renfort de bals, de fêtes champêtres et de reines de beauté, tout au long du parcours. Peine perdue : elle sombra dans l’oubli avec son slogan « Prenez le vert sur la route Bleue ». Pour mieux renaître aux approches des années 1960 sous son nom républicain : nationale 7. 

C’est sur la N 7 que dès le début de juillet s’engageaient en files interminables les toutes nouvelles voitures d’alors, Renault 4, Dauphine Panhard et 2 CV Citroën, avec leurs joyeux chargements de passagers parmi chiens, chats, tentes et bagages. C’est sur la N 7 qu’une jeunesse dorée, plus ou moins intellectuelle, filait en Jaguar, à la folle vitesse de 120 km/h, ivre d’une liberté tout juste conquise, vers un port minuscule et à peine connu sur la Méditerranée : Saint-Tropez. Et c’est aussi sur la N 7 que les premières navettes de poids lourds entre le nord et le sud firent leur apparition, avec deux nouveautés : les Relais Routiers ouverts 24h/24 avec leur cuisine de terroir et les bouchons spectaculaires qui bloquaient la circulation, parfois pendant des heures. 

Source : GEOBOOK « Route de France » juillet 2015